Jane Eyre - Lecture - Jakkaiser

Club de lecture : le pouvoir des femmes !

© Jak Kaiser

Ce mois-ci avec le Club de Lecture, nous avions envie de rendre hommage aux femmes dans la littérature ; avec des romans mettant en scène des héroïnes, ou tout simplement des livres écrits par des femmes (ou les deux). J’ai été surprise en recevant les chroniques de chacune de ne pas trouver au moins un roman des soeurs Brontë mais au final, ce n’est pas non plus le choix que j’ai fait. Peut-être trop évident ?

Découvrez nos coups de coeur pour ce thème, et n’hésitez pas à partager les votre dans les commentaires !

Le pouvoir des femmes dans la littérature :

Chroniqueuse Livre Avis
Audrey Frida. Biographie de Frida Kahlo – Hayden Herrera
Le sujet, « le pouvoir des femmes », m’a tout de suite inspirée et enthousiasmée. Je me suis donc installée devant ma bibliothèque et mon regard a vagabondé parmi les livres sur les étagères. Comme d’habitude, le choix a été difficile. Que choisir entre Voix endormies (Dulce Chacón), Chocolat amer (Laura Esquivel), La maison aux esprits (Isabelle Allende), Marie-Antoinette (Antonia Fraser) ou même Moi, Malala ? Des histoires de femmes fortes, j’en avais lues. Plein. Histoires d’héroïnes réelles ou fictives, toutes sur trame historique.
Mais mon choix s’est finalement porté sur Frida, Biographie de Frida Kahlo, par Hayden Herrera. Voici pourquoi.
Je n’aime pas son œuvre, je n’aime pas son style. Mais ses tableaux m’émeuvent. Ils me font ressentir quelque chose. Car c’est ça, le vrai pouvoir de Frida Kahlo, faire vivre son art et ne pas laisser son public indifférent. Quand je vois l’un des tableaux de Frida Kahlo, je ressens sa douleur. Car cette peintre a souffert. Toute sa vie. Atteinte de la polio à 6 ans qui lui a laissé une jambe plus petite que l’autre, victime d’un accident de bus, duquel elle est ressortie handicapée à vie, elle n’a jamais pu avoir d’enfants, et elle a subi de nombreuses opérations de la colonne vertébrale. Bref, Frida a souffert physiquement. Mais pas seulement. Elle s’est mariée à un autre peintre mexicain, Diego Rivera, d’environ 20 ans plus vieux qu’elle. Et leur histoire était un « je t’aime moi non plus » constant. Ils se sont trompés mutuellement, ils ont divorcé, ils se sont remariés, ensemble…
Ils ont vécu aux États-Unis, un dépaysement total pour Frida, qui n’a jamais pu s’intégrer ni se sentir chez elle… Frida a d’ailleurs commencé à peindre après son accident de bus, qui l’a laissée alitée pendant un an. Sa mère avait fait accrocher un miroir au-dessus de son lit et Frida a commencé ses autoportraits. Elle se peignait elle-même car « elle était le sujet qu’elle connaissait le mieux ».
La biographie écrite par Hayden Herrera révèle toute la force de caractère de cette artiste qui a lutté contre les épreuves constantes et les souffrances physiques et morales imposées par la vie. Lisez-la, vous saurez tout sur cette femme incroyable qui a vécu pleinement sa peinture.
« Pies para que los quiero si tengo alas para volar »
« Des pieds, pourquoi j’en voudrais si j’ai des ailes pour voler »
Je termine ici ma chronique, mais qui sait, peut-être que l’un des sujets suivants me permettra de vous parler des autres livres cités ici… J’en meurs d’envie, en tout cas !
Nolwenn Petits secrets, grands mensonges – Liane Moriarty La représentation des femmes dans la littérature est un sujet qui me passionne. Alors, pour ce thème, j’ai bien pensé à vous parler de Seule contre la loi de Wilkie Collins auquel j’ai consacré mon mémoire de fin d’études. Et puis, entre temps, j’ai lu Petits secrets, grands mensonges de Liane Moriarty (un nouveau coup de cœur après Le Secret du Mari) et je me suis dit que j’allais plutôt parler de ce livre.
L’histoire débute avec un événement tragique : la mort d’une personne lors d’une fête organisée par l’école. Au fil des pages, l’auteure revient sur les mois qui ont précédé ce drame. On découvre alors plusieurs personnages féminins. Jane, maman célibataire souhaitant s’offrir et offrir à son fils Ziggy un nouveau départ. Madeline, la « grande gueule », quittée par le père de sa fille (maintenant adolescente) quand celle-ci était bébé et qui a depuis refait sa vie avec Ed. Céleste, belle, riche, admirée, mariée à Perry et maman de jumeaux. Bonnie, la nouvelle femme de l’ex-mari de Madeline, adepte du yoga et d’un mode de vie sain. Et il y a aussi Renata, Harper, Mrs Lipmann et toutes les autres.
Mais pourquoi ce livre pour le thème du pouvoir des femmes ? Pour commencer, il est écrit par une femme. De plus, il nous fait découvrir des personnages féminins aussi différents qu’attachants. Des femmes qui doutent, d’autres qui essayent d’échapper à un passé ou à un présent compliqué, d’autres encore qui tentent tant bien que mal de concilier rôle de maman, ou d’épouse et leur carrière ; des femmes qui ne portent ni cape ni masque mais qui n’en sont pas moins admirables ; des femmes qui rappellent celles que l’on croise dans la vie de tous les jours. Avec ce livre, Liane Moriarty décrit également parfaitement les relations complexes que peuvent parfois entretenir les femmes entre amitié, rivalité et solidarité. Je trouve qu’avec cette histoire, elle rend en quelque sorte hommage à toutes les femmes avec leurs défauts et leurs qualités, leurs réussites et leurs failles, leurs forces et leurs faiblesses, leurs beaux souvenirs et leurs blessures.
Et si vous n’avez pas vu la série Big Little Lies, adaptation de ce livre, foncez, elle est géniale ! Elle est très fidèle au livre (même si elle s’en détache parfois un peu), avec un casting de dingue (Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Laura Dern, Shailene Woodley, Zoë Kravitz, Alexander Skarsgård…), de vrais paysages (ça change des séries pleines d’effets spéciaux), une bande son au top, etc.
Noémi Prodigieuses Créatures – Tracy Chevalier
Mais qui sont ces prodigieuses créatures ? Les fossiles que découvrent Mary Anning et Elizabeth Philpot ou ces deux femmes extraordinaires, qui ont trouvé les premiers grands fossiles du Dorsset au 19ème siècle et contribué aux découvertes sur l’évolution des espèces ?
Au départ, quand on m’a recommandé ce roman de Tracy Chevalier, j’ai un peu hésité à le lire. J’avais adoré La dernière fugitive et le style très « Jane Austen » de l’auteure américaine, mais un roman sur la découverte de fossiles… à priori, ça ne me passionnait pas plus que ça ! C’était sans compter le talent de Tracy Chevalier pour raconter des histoires, pour ses portraits de femmes, et sa manière de mêler l’histoire et l’Histoire ! Avec Prodigieuses Créatures, je me suis passionnée pour les recherches de fossiles, j’ai adoré m’imaginer les paysages escarpés de l’Angleterre de 1810, j’ai frémis pour les personnages à certains moments (car oui, il y a beaucoup de suspens dans ce roman), j’ai été émue… Mary et Elizabeth sont deux héroïnes avec un très fort caractère, qui se rebellent contre les hommes, remettent en cause certains aspects de la religion alors qu’elles sont croyantes, et mènent une vie hors des normes très strictes de l’époque pré-Victorienne.
Si vous aimez Jane Austen, vous aimerez forcément Tracy Chevalier, auteure contemporaine, dont le style est très facile à lire, tout en étant fin et intelligent ! Je suis vraiment une grande fan de cette écrivaine, qui a également écrit La jeune fille à la perle, fausse biographie inspirée du tableau du même nom.
Aline Le coeur cousu – Carole Martinez
Ce roman, c’est une histoire de femmes : une histoire sur les femmes et une histoire entre deux femmes. C’est en effet une collègue enseignant le Français et le Portugais qui me l’a offert. Un cadeau inattendu, un échange sincère et une magnifique découverte.
Je ne suis pas du tout familière du monde espagnol et j’ai découvert sa culture, ses croyances et ses espoirs dans ce très beau livre. La quatrième de couverture prépare la lecture : « Dans un village du sud de l’Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse… Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s’initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d’un combat de coqs, elle est condamnée à l’errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d’enfants, eux aussi pourvus – ou accablés – de dons surnaturels. »
On y lit le mystère, la célébration de la femme, le lien entre la couture et l’écriture. Car l’auteur, tout comme son personnage couturière, crée des êtres, coud des vies ensemble, tisse des histoires, non pas avec son aiguille mais avec son stylo… La femme magicienne, la femme créatrice, la femme forte. Un roman merveilleux. Des femmes merveilleuses, dans les deux sens du terme : passionnantes et extra-ordinaires.
Carole Culottées I, II : Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent – Pénélope Bagieu
Après avoir lu et vraiment aimé la BD sur Cass Elliot, California Dreamin, écrite par Pénélope Bagieu, j’ai reçu par hasard pour mon anniversaire le tome 1 de Culottées de cette même Pénélope… Et j’ai du coup enchaîner sur le 2 ! Cette série permet de découvrir ou de redécouvrir des portraits de femmes, toutes plus décidées et volontaires les unes que les autres. Chaque portrait est une sorte de mini biographie entre 3 et 6 pages, qui s’attarde sur les moments forts des luttes menées. Le tout traité avec beaucoup d’humour.
J’ai aimé la variété des histoires de ces femmes (époque, milieux sociaux, enjeux traités…), et j’ai aussi beaucoup apprécié le format court de chaque mini biographie : je les lisais par séries de deux ou trois chaque soir, ce qui me permettait la journée suivante de chercher plus de détails sur les femmes qui m’avaient le plus marquée, et de faire de très belles découvertes par la même occasion. Je vous conseille à ce propos le reportage diffusé sur Arte le mois dernier sur Betty Davis.
Bref, une lecture très agréable si : vous n’avez pas la tête ou le temps pour vous plonger dans un roman ; vous avez tendance à vous endormir au bout de 5 pages le soir ; vous aimez découvrir des choses, et prolonger vos lectures par des recherches ; vous aimez les belles couvertures et avoir de beaux ouvrages dans votre bibliothèque… À mettre dans les mains de toute la famille !

Le thème du prochain club de lecture : littérature japonaise

Si vous souhaitez participer au prochain thème et rédiger une chronique, envoyez-moi un message par email à noemi[@]trendymood.com. Le club est ouvert, vous pouvez choisir ou non d’y participer selon vos envies.

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Commentaires sur “Club de lecture : le pouvoir des femmes !

  1. Audrey Serruau

    Prodigieuses créatures et sur ma « to-read list » depuis un moment, j’ai encoreplus envie de le lire ! J’ai aussi bien envie de découvrir Liane Moriaty. Quant au Coeur cousu… un joyau en pages, je l’ai adoré !

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