Bien-être

La slow life, ralentir en douceur… par Cindy

Farniente - Piscine - Slow life

Laisser infuser la slow dans son quotidien c’est s’offrir une bouffée d’air frais ! Loin des clichés de lenteur qui voudraient nous voir ressembler à un escargot, la slow life invite à une vie plus consciente, source de légèreté, d’enthousiasme et profondément en lien avec le rythme de la nature. Ralentir pour se (re)trouver, renouer avec l’authenticité, souffler ou encore profiter intensément du moment présent… On a tous une bonne raison de vouloir appuyer sur pause !

La slow life, un art de vivre

Le mouvement Slow a été initié dans les années 80 en réponse à l’accélération globale. En 1986, Carlo Petrini, journaliste gastronomique, lance en Italie le Slow Food en opposition au « fast-food ». Aujourd’hui, Slow Food® est une organisation internationale qui propose des événements divers dont le Cheese 2017, tout en défendant une agriculture responsable et durable, des savoir-faire traditionnels et des produits de haute qualité gustative.

Le mouvement Slow s’étend désormais à tous les domaines : on parle de slow tourism (voyager local, penser à l’écotourisme), slow management (méthodes de travail adaptées, qualité de vie au travail), slow cosmétique (produits bio, recettes maison), slow school (notation ludique, ateliers nature, développement de la créativité), slow city (villes respectueuses d’une charte prédéfinie), slow sex (connaître et écouter son corps et celui de son/sa partenaire, éveil des sens) et la liste n’est pas exhaustive !

Selon une étude menée par l’Observatoire société et consommation (OBOSCO) menée dans six pays (France, Espagne, Allemagne, États-Unis, Turquie, Japon), 82% des français souhaitent personnellement ralentir.

Sable dans l'eau - La slow life

© Pinterest

La slow life propose de trouver son rythme idéal. Prendre le temps de vivre et savourer les plaisirs simples, réorganiser son planning, mieux se connaître, partager de jolis moments avec ses proches, se déconnecter régulièrement, s’ouvrir au monde, flâner dans la nature, consommer responsable et durable, s’accorder des pauses rien qu’à soi, bien manger… Autant de pistes pour intégrer pas à pas cet art de vivre.

Avoir du temps pour… C’est un peu le crédo de la slow life : se recentrer sur ses essentiels. Avoir du temps pour ce qui éveille et renforce son enthousiasme est une manière de retrouver la saveur du temps en réduisant son champ d’activités.

«En rétrécissant la panoplie des actions, on augmente la profondeur de chaque expérience.»
Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie.

Ralentir oui, mais comment ?

1. Alternance des rythmes.

C’est un fait, on ne peut pas toujours être à fond au risque de faire un burn out. L’important est d’alterner les rythmes au cours d’une journée. Certains impératifs poussent à être sur le qui-vive tandis que d’autres ne nécessitent pas une telle intensité. Le tout est de prendre conscience des moments où l’on a l’occasion de ralentir et d’en profiter pour lever le pied. Ces moments off, on peut les vivre en se levant un plus tôt (avant tout le monde), à la pause-déjeuner ou encore en soirée. On en profite alors pour décompresser…

2. Oser la pause voire l’ennui.

On s’en rend compte lorsqu’on s’initie à la méditation : ce n’est pas une évidence de rester assis  sans rien faire (même si en réalité on fait quelque chose, mais immobile). Faire une pause, une vraie pause sans smartphone pour remplir le vide, est un exercice en soi. Cela peut être vécu comme de l’ennui. Il est alors temps de replacer l’ennui au centre de ses priorités. S’ennuyer a une connotation négative surtout dans nos vies frénétiques. Pourtant, l’ennui est source de bienfaits insoupçonnés ! Rester là assis(e) sans chercher à combler le temps c’est s’offrir simplement le temps de penser. En laissant libre court à ses pensées, on s’écoute, on dessine des projets, on note des idées, on rectifie certaines lignes directrices que l’on a empruntées jusque-là, on libère sa créativité, on se relie à son for intérieur… Ces pauses peuvent aussi faire l’objet de contemplations diverses. S’installer au pied d’un arbre en pleine nature ou dans un parc permet d’observer attentivement ce qui nous entoure et cela ressource autant que cela inspire !

S'ennuyer - Slow life

© Delfina Balda

3. Se déconnecter.

Les écrans sont chronophages, c’est bien connu. En ayant son smartphone toujours à portée de main cela implique que l’on est en permanence disponible. Et si on se faisait plus discret/ète ? Pour prendre un peu de recul, on peut penser à consulter son téléphone à des heures précises de la journée et pourquoi pas à l’éteindre une fois rentré chez soi ! De même lorsqu’on patiente avant un rendez-vous par exemple, plutôt que d’observer son écran, on pose un regard attentif sur ce qui nous entoure. En en faisant l’expérience, on se rend compte de la richesse que ce simple détournement de regard incite.

4. Minimalisme.

Et si en étant minimaliste on devenait maxi-heureux ? On s’aperçoit qu’en rangeant, en triant, on allège son intérieur en même temps que son être ! Plus que le fait d’épurer son chez soi ou sa valise lorsqu’on part en vacances, être minimaliste invite à consommer durable et responsable. On évite d’accumuler les objets et les achats pour se concentrer sur ce dont on a vraiment besoin, mais on privilégie aussi la qualité à la quantité lorsqu’on achète une paire de chaussures par exemple. Cet aspect de la slow life tend aussi à faire de la récup’, à gérer ses déchets mais aussi à entretenir et à rafistoler ses propres affaires. Plutôt que de jeter, on pense à bricoler, à customiser ou encore à recycler.

5. Se relier à la nature.

En nature, on se ressource. Voir l’horizon est une des clés libératrices en nature. En ville, cet horizon se limite souvent à quelques mètres jusqu’à buter contre un immeuble. Dans la nature, l’horizon se dessine plus vaste et plus lointain. Se (re)connecter à la nature peut passer par cultiver un petit potager dans son jardin ou sur un balcon. L’occasion de plonger les mains dans la terre et d’intégrer des principes de culture éco-responsables. La nature nous apprend la patience, elle nous guide vers un rythme plus slow et nous enseigne son rythme, celui des saisons, des jours et des nuits. Il n’y a qu’à observer la croissance progressive d’une fleur ou d’un arbre pour se rendre compte que tout prend du temps. On se fond dans la nature avec plaisir lors de balades contemplatives à pied ou à vélo. Parmi les activités en extérieur, on peut s’initier au land art en créant des œuvres avec les seuls matériaux de la nature !

Jules Davies - Escalade - Chelsea Parrett

© Chelsea Parrett

6. Renforcer son bien-être.

Vivre slow c’est aussi prendre soin de soi. Savoir se relaxer, gérer son stress, préserver son sommeil, positiver son discours intérieur représentent quelque clés pour renforcer son bien-être et trouver son équilibre. Certaines disciplines peuvent nous y aider :

  • La sophrologie invite à vivre en conscience en apprenant à écouter son corps, à mieux satisfaire ses valeurs ou encore à booster sa confiance en soi.
  • La méditation de pleine conscience propose de faire une pause en étant notamment à l’écoute de sa respiration et des sons alentours avec pour fil conducteur le fait de s’ancrer dans l’instant présent.
  • Le yoga renforce notre équilibre mental et physique.
  • Le Qi Gong enseigne des mouvements lents alliés au souffle sous forme de gym douce.

On peut suivre des cours puis pratiquer de façon autonome. Par ailleurs, les activités tant physiques que manuelles (fabriquer quelque chose, créer) préservent également notre équilibre général.

Yoga et méditation - Slow life

© Pinterest

7. Capter les petits bonheurs quotidiens.

Une piste supplémentaire pour intégrer la slow à son quotidien. Embrasser son amoureux/se au réveil, prendre son thé sur sa terrasse, écouter le chant d’un oiseau, sentir l’air sur son visage à vélo, s’immerger dans l’eau à la plage ou à la piscine, croquer dans un fruit savoureux… Les plaisirs simples se trouvent tout autour de nous à chaque instant. Il suffit juste de les saisir et de prendre conscience de leur préciosité. Une façon de changer son regard sur les choses en transformant l’ordinaire en extraordinaire. Éveiller ses sens – mieux sentir, mieux observer, toucher, goûter, écouter – permet d’aller dans cette direction en étant plus attentif/ve à ce qui se passe là, tout près et en soi.

8. Suivre sa créativité.

Une vie slow est propice au développement de la créativité. Celle-ci ne permet pas seulement de créer de ses mains mais de construire sa vie avec enthousiasme et imagination. Laisser s’exprimer sa créativité c’est écouter ses intuitions et concrétiser ses idées. Une manière d’agir en accord avec soi-même, d’oser passer de la pensée à l’acte en ayant le temps et l’énergie pour le faire.

Les bénéfices d’une vie plus slow au quotidien

Ralentir le rythme procure des bienfaits immédiats. On se sent plus détendu, plus ouvert et enclin à renouer avec l’authenticité et la simplicité. Ces notions sont essentielles puisqu’elles permettent de revenir à ce qui est, d’avoir des bases solides pour un équilibre durable. En y réfléchissant, on se rend compte à quel point on peut se perdre dans la complexité ! La dénouer offre l’occasion d’y voir plus clair et d’être au plus près de ses désirs, de ses valeurs et de sa personnalité profonde.

Une vie plus slow, c’est une vie plus consciente. Bien ancré dans l’instant, on se laisse le temps de penser, de s’écouter, d’être présent(e) pour les autres, peut-être de méditer et tout simplement de s’épanouir.

Ecouter de la musique - Slow life

© Brandy Melville

L’idée est de prendre le temps de repenser différents domaines de sa vie pour insérer progressivement de nouvelles habitudes slow. Vie professionnelle, vie familiale, loisirs, alimentation, vacances… Avec ses valeurs fondamentales – « bien-être », « partage », « liberté » ou encore « green » – la slow life souffle un vent de sérénité et d’harmonie à plusieurs niveaux. On peut par exemple envisager de méditer le matin au réveil, de jouer plus régulièrement avec ses enfants, d’être moins dépendant(e) de son smartphone, de se rendre au travail à vélo (si possible), de consommer plus de produits locaux et bien d’autres !

En savourant le présent, on prend du temps pour soi, pour écouter son corps et mieux se connaître. Et on a aussi du temps pour ses proches. Ce temps pour les autres ne se minute pas, il est précieux ! Pétillante et gourmande de vie, la slow life est une invitation à vivre en conscience… Quel sera votre premier pas slow ?

Merci beaucoup à Cindy Chapelle pour son article. Elle est l’auteur du livre Ma slow life : je lève (enfin) le pied (Éditions Jouvence, 2017).

 

Cindy Chappelle - Ma slow life

5 Commentaires

  1. En lisant ta liste d’essentiels, je me rends compte que ce sont des points auxquels j’accorde naturellement plus d’importance depuis peu…bon, le minimalisme, je ne sais pas trop faire encore mais je prends sur moi et je crois être sur la bonne voie. Au moins, tant que je ne regarde pas mon placard à chaussures…!
    ps: coeur sur cette sélection de photos qui donne le sourire…

  2. Très chouette article ! Le yoga a été un grand premier pas slow et petit à petit je me suis détachée de beaucoup de choses. Plus du tout de notifications sur mon téléphone, moins de choses dans mes placards… On respire ! :)

  3. C’est un concept auquel je m’intéresse de plus en plus, même si le minimalisme n’est pas mon fort :P Dans nos sociétés ultra speed, nous avons oublié de savourer le moment présent… j’essaie de m’y tenir un peu plus tous les jours. Les principes de la méditation de pleine conscience sont vraiment éclairants sur le sujet.

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