Dans le vanity de Lili Barbery-Coulon (2ème partie)

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Comme je vous le disais hier, j’ai choisi de couper en deux l’interview de Lili Barbery-Coulon. Pour lire la première partie de ce « Dans le vanity de… », cliquez ici !

Qu’est-ce que ton statut de journaliste a changé dans ton rapport à la cosmétique ?

Heureusement, il y a des marques qui me faisaient rêver quand j’étais ado et qui me font toujours rêver. Les parfums Chanel par exemple, me font toujours autant rêver, c’est une très belle maison. Je me souviens aussi quand Nars est arrivé en France dans la boutique Colette où je travaillais à ce moment là, ça me fascinait… Les couleurs n’existaient nul part ailleurs. Cette marque, quand je reçois des produits de chez eux, franchement, je suis toujours excitée, j’ai envie de tout ouvrir, les packagings sont super beaux !

 Après, il y a des marques qui se transmettent d’une génération à une autre, que j’ai toujours trouvé magnifiques, comme Guerlain. Un flacon de Shalimar ou de Mitsouko, c’est indémodable, c’est tellement joli… Ce ne sont pas des parfums avec lesquels je me parfume mais j’ai des amis qui les utilisent et je trouve que c’est de très beaux produits. Bon je suis un peu une maniaque du parfum ! Je collectionne beaucoup…
Je me souviens de la première fois où je suis rentrée dans la boutique Serge Lutens au Palais Royal ou de Frédéric Malle avec ses colonnes dans lesquelles on sent les parfums… j’étais fascinée ! Quand j’ai un cadeau à faire, je vais toujours chez eux. J’achète des savons Frédéric Malle, je vais chez Serge Lutens avec ma fille pour sentir les odeurs, je trouve que ce sont vraiment des endroits qui font rêver. Santa Maria Novella aussi, c’est une marque que je trouve sublime… la première fois que je suis allée à Florence et que j’ai découvert cette boutique je suis revenue avec des tonnes de savons !
Bref, il y avait des marques qui me faisaient rêver avant d’être journaliste, qui continuent à me faire rêver. Après, le fait de connaître bien cet univers m’a rendu plus méfiante, beaucoup plus, je suis moins naïve. Je me méfie des discours, je sais qu’ils sont construits sur des mots et pas toujours sur des innovations. Je me méfie notamment beaucoup du discours autour de l’anti-âge parce que je n’y crois pas beaucoup… Je pense effectivement qu’il y a des produits qui fonctionnent mieux que d’autres, c’est certain. Mais je crois que les femmes aujourd’hui ont bien compris que c’était un état d’esprit global qui fait qu’on a l’air plus jeune. C’est : faire du sport, prendre le temps de manger sainement… Et tout ça est très culpabilisant, tout le monde n’a pas le temps ni l’argent de faire du sport. Alors je sais qu’on peut aller courir chaque matin et ça ne coûte rien mais quand on a trois enfants on n’a pas forcément le temps de s’extirper de la maison pour aller courir ou d’aller faire ses courses, d’acheter ses fruits, etc. Les compléments alimentaires de qualité coûtent cher également… Tout ça, c’est un ensemble. On voit bien que la lutte contre l’âge est devenu aussi un truc de classe sociale. Les femmes qui paraissent les plus jeunes dans leur soixantaine viennent souvent de milieux privilégiés.
Bien sûr, il y a des conseils de bon sens : faire attention à son exposition au soleil, bien se protéger la peau, bien l’hydrater… Je crois que c’est la base. Déjà, quand on a fait ça c’est énorme. Et bien se nettoyer la peau aussi. Si on n’a pas d’argent pour s’acheter de très bons produits, il faut prendre un lait de base qu’on achète en supermarché, le masser à fond et le rincer. Ca permet d’avoir une peau qui respire mieux la nuit. Il y a plein de dermatos, quand on les interview et qu’on leur demande ce qu’ils pensent de la crème bleue Nivea par exemple, qui continuent à dire que c’est un très bon produit. On peut en faire avec le moins possible et je connais même des filles qui ne mettent rien et qui sont sublimes ! Évidemment il y a une part de chance génétique. J’ai 38 ans, je le vois bien mais c’est vrai que souvent les gens sont surpris… c’est surtout que j’ai du bol : j’ai hérité d’un bon capital de peau ! J’ai une peau qui ne marque pas trop, c’est très injuste ! Je vois des gens qui font tout ce qu’il faut, et qui pourtant ont des boutons, des rougeurs…

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Tu me parlais de transmission de marques de génération en génération, ton rapport à la cosmétique, c’est quelque chose qui t’a été transmis par ta mère ?

Oui, j’ai une mère qui prend vachement soin de sa peau, je l’ai toujours vue avec beaucoup de produits de beauté donc je pense que j’en ai toujours eu le goût. Après, très tôt, parce que c’était la mode dans les années 80, j’ai fait la collection de parfums.
J’avais une grand-mère paternelle qui n’aimaient pas les signes ostentatoires de richesse et ne se maquillait pas. Mais je me souviens qu’elle achetait toujours sa crème Dior parce qu’elle la trouvait géniale. J’ouvrais le pot quand j’étais petite, cette odeur là est assez imprimée dans mon cerveau. Comme les démaquillants Lancôme que je voyais chez moi, je trouvais que ça sentait super bon…
Oui c’est sûr, je n’ai pas été élevée par quelqu’un qui détestait les produits de beauté. Mais honnêtement, mon goût pour la beauté a augmenté avec mon métier, avec ma vie professionnelle. J’ai bossé chez Colette au moment où c’était le premier magasin en France qui vendait des marques qui n’existait pas encore comme Khiel’s, Nars, Aesop, etc. Je les ai découvertes là-bas et c’est vrai que c’était super excitant de sortir de ce qui existait en supermarché ou un parfumerie sélective. D’un seul coup, ça ouvrait de nouvelles portes et on voit à quel point ça a explosé aujourd’hui !

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Tu es une grande collectionneuse de parfums, comment les choisis-tu le matin par exemple ?

Alors je ne mets pas beaucoup de parfums moi-même en fait ! Mais j’en garde beaucoup. Je ne donne jamais aucun parfum Serge Lutens par exemple, je les garde tous. C’est un peu flippant j’en ai je ne sais pas combien sur une étagère dans ma salle de bain…
Je porte le N°19 de Chanel, en Eau de Parfum. J’ai mis longtemps à trouver ce parfum mais ça fait quelques années que je l’ai et je l’adore. Je le trompe un peu en ce moment avec Calandre de Paco Rabanne, qui est un parfum de la même période à peu près.
J’adorais Rive Gauche d’Yves Saint Laurent et en fait en redécouvrant Calandre il y a peu de temps, je l’ai senti sur quelqu’un et j’ai eu un espèce de truc : en fait c’est ça ! C’est ça que j’ai envie de porter ! C’est un parfum aldéhydé, un peu métallique, super chic, d’un chic désuet avec un côté super vintage. Un peu comme si on avait emprunté un manteau à sa grand-mère… Mais en même temps je le trouve très moderne et il ne sent pas la vieille comme certains parfums ! (Rires)
Le N°19 en Eau de Parfum, je trouve que c’est une merveille ! Il est tellement beau… Il y a beaucoup de Roses de Mai, beaucoup d’Iris, de Galbanum… J’ai également des parfums que je vais soit superposer, soit mettre en dessous. J’adore l’Eau de Cologne de Chanel, j’en fais une grosse consommation. J’adore les eaux que Hermès a faites, comme le Narcisse Bleu. Ca se mélange très bien avec le N°19.

Tu mets Narcisse Bleu sous un autre parfum ?

Oui, je le mets en premier sur le corps, un peu comme un « splash » ; et ensuite je vais choisir de mettre mon parfum dans le cou ou sur mes vêtements et le mélange est assez joli. Je n’aime pas les adoucissants ou les odeurs de lessive, du coup je trouve ça agréable d’avoir les vêtements parfumés avec le parfum de son choix et que ça ne se combine pas avec l’odeur de la lessive qui sent le chimique.

Fais-tu attention aux compositions de tes produits ?

Pas trop… Je ne suis pas une fanatique du bio pour mon visage. J’aime bien quand c’est bio, c’est un plus – surtout pour l’environnement – mais par contre ce n’est pas l’argument qui me fait acheter le produit. C’est son efficacité et je pense à la sécurité d’abord.

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Merci beaucoup à Lili de m’avoir accordé cette petite matinée en sa compagnie et à Lisa de m’avoir fait confiance. Un bisou évidemment à Laurence et Charlotte ! Pour vous abonner à My Little Box (sans engagement), RDV sur cette page.

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