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Mon dernier coup de coeur littéraire

© Stefi Reads

Le Club de Lecture a dû prendre une pause forcée, je n’ai malheureusement pas pu le gérer en plus de ma charge de travail actuelle. Mais, on y arrive ! Et après un été à dévorer de nombreux ouvrages, nous évoquons aujourd’hui nos derniers coups de coeur littéraires.

Rendez-vous en bas de l’article pour découvrir le thème du mois prochain.

Mon dernier coup de coeur littéraire :

Chroniqueuse Livre Avis
Aline Le soleil des Scorta – Laurent Gaudé
L’histoire se passe à la fin du XIX° siècle, dans la région des Pouilles. Un petit village du sud de l’Italie, avec ses mystères, des aridités, ses duretés, ses violences. Le roman donne le ton dès les premières pages : un bandit de grand chemin revient chez lui après avoir purgé une longue peine de prison. Il se présente chez Filomena, la femme dont il est tombé amoureux avant sa condamnation. Il veut Filomena. Au sens fort du terme. Lorsqu’il sort de la maison, les villageois lapident le bandit : selon eux, il a violé la sœur de Filomena (Filomena étant morte depuis longtemps). Notre cher bandit meurt peu de temps après. Ambiance. Oui, mais une ambiance qui installe les grands thèmes du roman : Le Soleil des Scorta, c’est une histoire de famille, de génération, de transmission, de violences, de rejet, de rédemption. Car de cette union fugace et violemment punie naît un garçon, Rocco, maudit par le village. A son tour, il deviendra bandit. Il aura trois enfants qui, tout comme leur père et leur grand-père, chercheront leur identité en explorant leur terre, la Terre. Terre et sang mêlés. Je vous laisse découvrir la suite…
Ce roman m’a coup-de-coeurisée car il réunit tous les questionnements humains que j’aime retrouver dans un livre : la famille, la transmission, l’engagement, la violence sociale et au final… l’identité. Pour moi, Laurent Gaudé s’inscrit dans la lignée du naturalisme et des questions de descendance traitées par Zola dans Les Rougon-Macquart, ainsi que dans le sillage du romantisme et de la poésie d’Hugo dans Les Misérables. Comme eux, Laurent Gaudé nous parle de la nature humaine, de ses duretés, de ses beautés, de ses faiblesses, de ses richesses. Car ses personnages sont de « beaux » misérables, non pas dignes de mépris mais dignes, tout court. Des hommes et des femmes nés dans le déshonneur, non pas écrasés par le monde, mais révélés par le monde. Ces « beaux » misérables nous transmettent une valeur fondamentale : la fierté. Chacun investit ce mot comme il le souhaite : la fierté d’être un homme, d’être une femme, d’être un Scorta, d’être un Dupont, d’être la fille de son père, d’être seul… D’être !
Ce que j’aime chez Laurent Gaudé, c’est que tous ses romans, aussi différents soient-ils, nous touchent au plus profond de notre humanité. A lire absolument : La Mort du roi Tsongor, magnifique roman poétique hors du temps, sur la transmission.
« Parler une fois. Pour donner un conseil, transmettre ce que l’on sait. Parler. Pour ne pas être de simples bestiaux qui vivent et crèvent sous ce soleil silencieux. »
Nolwenn Le secret du mari – Liane Moriarty
J’ai lu quelques livres depuis ce début d’année et j’ai eu trois gros coups de cœur. Le premier est pour Maxime Chattam et son livre La Conjuration Primitive. Le deuxième est pour Le Secret du Mari de Liane Moriarty. Et le troisième pour De fièvre et de sang de Sire Cédric. Et c’est là qu’il faut choisir… Je vais donc parler du livre de l’Australienne Liane Moriarty aussi connue pour son ouvrage Petits secrets, grands mensonges (qui a donné la génialissime série Big Little Lies avec Reese Witherspoon, Nicole Kidman, Alexander Skarsgård et autres). Le Secret du Mari (2013) raconte l’histoire de Cécilia qui découvre une lettre dans son grenier. Sur celle-ci est écrit, de la main de son mari John-Paul, « À n’ouvrir qu’après ma mort. ». Que doit-elle faire : céder à la curiosité ou respecter la demande de son conjoint ?
J’ai adoré ce livre (acheté par hasard parce que je trouvais la couverture jolie et que le résumé me plaisait bien…). Il est passionnant et je l’ai littéralement dévoré. Quand on arrive à la fin, on est comme assommé parce qu’on pense à tout ce que cette « simple » lettre a pu changer et à quel point elle a bouleversé des vies. Je ne vous dirai évidemment pas quel est le secret du mari mais je ne peux que vous conseiller d’acheter/emprunter ce livre pour le découvrir, vous ne regretterez pas. De plus, la traduction française de Béatrice Taupeau est de très bonne qualité. Émotions garanties avec ce roman que j’ai offert à ma maman pour son anniversaire (et elle aussi l’a beaucoup aimé).
Chrystelle On ne naît pas grosse – Gabrielle Deydier
Mon dernier coup de coeur littéraire fut plutôt un coup au coeur. Dans On ne naît pas grosse, Gabrielle Deydier se réapproprie son corps en menant une double investigation. D’un côté, elle retrace son histoire personnelle et révèle ses propres tabous. D’un autre, elle enquête sur le traitement que le chirurgien, l’employeur et l’internaute lambda réservent aujourd’hui aux personnes obèses.
En lisant ce livre, on prend de plein fouet les remarques acides que lui balance le corps médical, professoral et l’entourage familial. On effleure la violence des mots qui a coulé sur elle toutes ces années. L’obésité est une maladie et la réduire au simple fait que les gens mangent trop est aussi simpliste que de dire que pour arrêter de fumer il faut juste le vouloir ! Dans une époque ou le corps de la femme « standard » est représenté taille 34 sur des affiches XXL, ce livre pointe du doigt la boulimie d’opérations pour maigrir, sans réel suivi psy, la violence des mots au quotidien que les personnes en surpoids subissent. On sent que le problème de fond de ces personnes n’intéresse pas car il n’est pas rentable sur le court terme. Pour moi, la fonction d’un livre est d’interpeler, émouvoir, renseigner, éduquer, faire rêver ou réfléchir. En fermant ce livre on se dit qu’il y a encore un long travail à faire, même si quelques tops modèles plus size font parler d elles, et que plus de magasins font des vêtements plus size. En fermant ce livre, j ai envie de prendre un verre avec son auteure, je reste sur ma faim concernant la vie sentimentale, rien sur ce sujet. Ce livre, c’est un aperçu de l’enfer d’être grosse.
Noémi Bonjour tristesse – Françoise Sagan
Cet été, j’ai fait un petit écart à ma boulimie de Rougon-Macquart pour lire Bonjour Tristesse. C’est la première fois que je me plongeais dans l’univers Sagan, et ce ne sera certainement pas la dernière, tant j’ai aimé son écriture (et que je suis obsessionnelle sur la lecture). Ce roman est son premier, il a fait scandale quand il est sorti. Cécile, 17 ans, vit seule avec son père suite à la mort de sa mère. Elle entretient une relation très fusionnelle avec son père, néanmoins volage, qui la traite en adulte. Mais une amie de longue date de la famille s’immisce dans le duo, le temps d’un été, ce que la narratrice ne supporte pas.
Non seulement la manière dont vit la narratrice est choquante pour l’époque, mais Sagan décrit sans pudeur son éveil au sexe,
son désir et ses sensations, les scènes d’amour avec un jeune garçon alors qu’ils ne sont pas mariés… L’histoire se déroule sous un soleil brûlant, c’est ce qui m’a la plus touchée. Le livre est extrêmement cinématographique, on est plongé au coeur du décor en Méditerranée, pendant cet été, et on épouse les pensées de Cécile, on la comprend, on est elle. J’ai adoré Bonjour Tristesse, c’est le roman de mon été, je crois que j’aurais encore plus aimé le découvrir à 17 ans et je regrette presque de n’avoir pas lu Françoise Sagan plus tôt !
Audrey Le coeur cousu – Carole Martinez
Plus que d’un livre, j’ai décidé de parler d’un auteur.
Carole Martinez, cette inconnue aux nombreux prix. Prix Renaudot des Lycéens, Prix Goncourt des Lycéens, Prix Marcel-Aymé… Son premier roman en a reçu quinze à lui seul.
Dans ses histoires, à l’instar d’Isabel Allende, Carole Martinez écrit les femmes avec poésie, dans un style châtié mais léger et agréable à lire. Du bonheur en pages.
Une collègue m’avait conseillé son premier roman que j’ai dévoré, Le coeur cousu. Digne héritier du Réalisme magique de Gabriel García Márquez et de La Maison aux Esprits d’Isabel Allende, Le coeur cousu est un conte merveilleux, parfois cruel, et le récit du voyage de Frasquita Carrasco, condamnée à l’errance dans une Andalousie aux allures de désert, qui emmène avec elle ses filles. Toutes ont un talent, un don surnaturel différent, qu’elles se transmettent de mères en filles par le biais d’une boîte mystérieuse.
Le deuxième roman de Carole Martinez, Du domaine des Murmures, raconte l’histoire d’Esclarmonde, une jeune fille qui, en 1187, plutôt que de se marier, préfère se destiner à Dieu et vivre emmurée jusqu’à sa mort. Elle nous décrit son quotidien qui sera bien loin d’être solitaire… On change de registre avec ce beau roman, même si le style de l’auteur reste inchangé.
J’ai moins de choses à dire sur cet ouvrage, car je ne l’ai pas relu, mais je l’ai autant apprécié que Le coeur cousu.
Une histoire de femme, encore, envers laquelle la vie peut se montrer cruelle. La Terre qui penche est le dernier roman de Carole Martinez. Blanche, 12 ans, une très jeune fille, entame un curieux voyage avec son père qui la déteste. Où l’emmène-t-il ? Qui était sa mère ?
L’enfant nous raconte son histoire sans candeur aucune, tandis que la vieille âme qu’elle est devenue après sa mort corrige son récit. Mais Blanche est-elle vraiment morte en 1361 comme elle le prétend ? Un roman à deux voix qui se construit autour d’une rivière capricieuse et ensorceleuse d’hommes, la Loue.
Si vous ne les avez pas lus, je vous recommande vivement ces trois romans. Malgré la cruauté des histoires qu’ils nous racontent, ils sont plein de légèreté et on ne peut pas les refermer avant de les avoir lus jusqu’au dernier mot.

Le thème du prochain club de lecture : « Un thriller qui m’a marquée »

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