L’entorse

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Tout a commencé il y a cinq ou six ans, à Berlin. Je me suis prise pour Surya Bonaly, sans obtenir l’effet escompté. Tomber de toute sa hauteur, sur son auguste postérieur, sur de la glace, ça peut faire mal, très mal. Moi, ça m’a cassé le coccyx. Et depuis, j’ai plein d’embrouilles. Il n’y a pas de morale à cette histoire (ou si peut-être un peu mais je ne promets rien), mais j’avais envie de la raconter.

Après un sérieux problème au genoux et une tendinite récurrente à l’aine, un bassin en vrac, des chevilles droites tordues régulièrement, je me suis finalement fait très très mal. C’est marrant comme le corps met de gros stop parfois.

Le 8 mars dernier, j’étais vraiment fatiguée, je n’avais pas envie d’aller à l’escalade. Mais je me suis un peu bousculée parce que, parfois, j’ai juste un peu la flemme et une fois que j’y suis, c’est génial. Ce jour-là, j’ai vaincu la flemme en allant à l’escalade. Après une ou deux voies, j’étais toujours KO, alors je suis allée dans la salle de bloc (pas besoin d’être endurante).

Une voie violette me résistait un peu, un peu au dessus de mon niveau habituel. Il me manquait juste la dernière prise, sur laquelle je n’arrivais pas à mettre ma deuxième main. Je me suis entêtée. Au bout du troisième essai, je pose ma deuxième main et je termine la voie. Sauf que ça ne tient pas et je tombe. Une chute habituelle, de quatre mètres, sur un gros tapis. Malheureusement, ma cheville s’est tordue à l’atterrissage et j’ai rarement ressenti une douleur aussi forte (à part quand je m’étais cassé le coccyx d’ailleurs). Les pompiers sont même venus ! 👨‍🚒

Ma cheville a immédiatement gonflé, l’hématome a commencé à s’étendre, ça a été de pire en pire les jours suivants malgré les béquilles…

J’ai pris le parti d’en rire. Voir l’évolution de ce pied que je ne reconnaissais pas était assez marrant. Il était vraiment très moche, tout bleu, tout gros… Mon médecin m’a interdit le sport pendant deux mois. Et puis après il s’est rendu compte que c’était pire que ce qu’il avait imaginé et on n’est toujours pas sûr que le ligament ne soit pas pété. Et maintenant, ça fait plus de deux mois, je commence à trouver le temps long. J’ai encore un oedème qui disparaît petit à petit grâce aux séances de kiné. Mais je n’ai toujours pas repris l’escalade. J’ai encore mal, et j’ai perdu toute souplesse.

On me demande souvent si l’escalade ne me manque pas. C’est un sentiment assez ambivalent. Je ne me sens pas vraiment capable de reprendre tout de suite. Alors quelque part, je n’ai pas forcément envie d’en faire. Mais je suis dégoûtée à l’idée d’avoir perdu plusieurs niveaux et de devoir recommencer ma progression. La voie en extérieur me manque, pour toute l’aventure qu’il y a autour ; et surtout, les moments que je partageais trois fois par semaine avec mon copain et un de mes amis. Nous étions un bon petit trio. Ils continuent à grimper, et je vais être à la traîne… Tiens tiens… mon esprit de compétition se réveille…

J’ai une grande question qui reste en suspend depuis le début de cette histoire… Comment distinguer le manque de motivation parce qu’on n’en est pas capable, trop fatigué ou juste parce qu’on ne veut pas trop se bousculer ? Si vous êtes sportifs, ça m’intéresse vraiment de savoir comment vous réussissez à trouver le juste milieu.

CatégorieEscalade La vraie vie Sport

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J'aime surfer, lire des romans historiques, les singes, prendre des gens en photo, l'escalade, voyager, manger, cuisiner, les Belges, rêver, les feux de cheminée, Pierre Rabhi, la bande dessinée, chanter, mes amis, mon Nikon FM2, travailler.

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